La douleur.

 

Un jour j’ai sentie pour la première fois, ce qu’est une vraie douleur physique, émotive et cognitive, soit vivre des absences de tête, de cœur et de corps en désir d’espoir.

Quand pourrons-nous avoir un jour, un mouvement d’éco-douleur. Réaliser des économies de souffrance et favoriser des prévisions de bonheur? Est-il possible de prendre le temps d’investir nos vécus dans un avenir prometteur autrement qu’en souffrance.

La douleur, c'est personnel et c’est vrai, on le sait et la ressent toujours tout seul et avec soi. Jamais deux personnes ne connaîtront la même douleur car ne vivant pas les mêmes désirs. La douleur sera toujours une solitude à vivre et surtout à canaliser.

 La souffrance sera toujours subjective. Elle a toujours l'effet d'une douleur solitaire car unique. C’est ce qu’on n’apprécie pas, mais que les autres perçoivent en ne sachant quoi faire.

J’ai tenté de rechercher ce qu’est la douleur; autre qu’un cri physique afin d’exprimer un besoin, un désir d’aide et surtout un SOS.

La douleur est-elle uniquement une sensation ou une expression d’une émotion ? La douleur n’est-elle pas à la fois une sensation et une émotion?

Soit des vibrations, des tremblements et des ouragans  entre le corps et l’âme ou le cœur?

Depuis des mois, je tente démesurément d'éviter le déversement de mes peurs, car moi aussi j’ai peur de souffrir. Que ce soit physiquement, mentalement, ou affectivement.

 Un jour vécu d’une luxation soit une douleur physique ne m’a conduit qu’à réfléchir. Car je déteste souffrir, et je ne serai jamais un béatifié par les souffrances pour devenir un saint en martyres canonisés.

La souffrance physique que j’ai connue m'a permis d’anticiper une réelle douleur que j'aurai à perdre, à apprendre et surtout à comprendre.

J’ai eu peur un jour de me perdre lorsque je l’ai vécu, car à ce moment-là trop atroce pour être apprécié.

On sait que le départ d’un être cher est toujours plus difficile à remplacer qu'une luxation d’une simple épaule qui pourrait facilement être réactivée même en cris et en souffrance.

L’absence d’un être sera toujours l'amputation d'une émotion unique au monde soit une douleur perpétuelle, car jamais récupérer.

 C’est comme regarder les images d’un album de souvenirs qu’on se devrait, par la force, de refermer, renfermer et pouvoir se dire tout simplement; merci pour ces moments intenses de pseudo possession de son être, qui fut à un certain moment en nous avec nous et pour nous.

Il est plus important de savoir caresser, se remémorer et ne jamais oublier ces beaux moments que de chercher à les extirper, à les arracher tout  en étant en nostalgique, en douleur et en souffrance.

Non il est vrai qu’on est aucunement responsable des peurs, des craintes et des appréhensions des autres; c'est à nous de re-découvrir ce qui est beau en soi en ce qu’on a vécu et cru. Il ne faut jamais oublier ce qu’on sait et ce qu’on peut faire même en étant atrophié ou handicaper un instant ou pendant une éternité.

On se doit d'extirper ce qui nous empoisonne et qui scelle notre souffrance.

Je me rappelle qu’un malade n'est la propriété ni d'un médecin, ni d'un service. 

Un ami ne sera jamais au service et ne sera jamais une propriété, mais il sera toujours là, présent à tout moment, à chaque instant on pourra lui crier sa douleur jusqu’à sa mort même s’il ne sait plus écouter et surtout ne plus entendre nos cris, il sera toujours là en et surtout avec nous.

 Une vie sans douleur est une vie potentiellement douloureuse. Car la douleur est une perception que l'âme aimerait mieux ne pas éprouver plutôt qu’éprouvée.

La douleur est une sensation telle qu'on ne désire pas l'éprouvé de nouveau . On aimerait plus revivre ces instants. On ne veut plus souffrir ces moments intenses et atroces.

Une chance que la mémoire à la faculté de l’oubli.

Il faut résister à la résignation. Il faut oser, foncer, et être en action. La vie est devant nous et toujours un présent à dévorer intensément.

La mélancolie est une douleur morale extrême; on est prostré, immobiliser .On se sent parfois immobile comme si on ne peut bouger, on vit une luxation du cœur, et l’on ne sait plus quel mouvement faire afin d’être et surtout en bien-être avec soi et avec un autre.

Avec le silence de ce qu’on vit, on devient l'expression de notre culpabilité.

En vivant parfois une détresse morale, on réalise que l'hypocondriaque est celui qui hurle sa douleur morale tout en ne laissant la parole à personne : on réalise alors sa souffrance totale.

 Il faudrait ne jamais oublier que le meilleur traitement de la douleur est le traitement de sa cause.

J’aimerais rappeler qu’à la guerre, on ne vit pas la peur, on n’en a pas la possibilité. C'est l'anxiété qui prévaut.

Les causes  à l'anxiété sont alors au nombre de trois :

- l'action violente :

 Une blessure, un viol, un vol, une agression, un dénigrement, une médisance, une drogue au sens large et toute dépendance dans toutes ces formes : alcool, jeux, médicament,  internet, routine, habitudes, psy. Soit comme résultante une non –confiance en soi.

- le jeu extérieur :

 Le rire, le plaisir, l’image et la façade, l’habillement excentrique, l’humour Soit un vouloir de paraître

- le jeu intérieur :

Soit le rêve et l'imaginaire, le désire, le mensonge, la non confiance en soi et en résultante une non confiance aux autres.

 Les causes de l’anxiété seront toujours complexes car relié au vécu du corps, de la tête et du cœur.

Pour s’en sortir  il faut il faut se préoccuper à ce qui influence le plus l’anxiété et en résultante la douleur.

Il existe une multitude de moyens de vaincre la douleur physique, mais c'est souvent qu'une question d'adhésion à la douleur de l'autre. Ne plus seulement exprimer de la compréhension, mais bien de l'acceptation. Soit de la compassion et surtout de l’adhésion.

"Aie" exprime toujours la même sensation, soit une attaque directe à notre personne, un coup de poing à notre être et ce à quoi nous possédons de plus ultime.

La douleur physique, c'est un cri d'alarme, c’est heureux qu’on puisse exprimer ce cri et surtout le faire entendre. 

Comment exprimer un cri affectif, un cri moral et un cri existentiel?

Un cri qui fait aussi mal, mais trop souvent en silence. Les hommes savent le nier, car la plus part du temps leur douleur exprimer en sourdine, avec aucune perturbation exprimée afin de ne pas trop déranger, dans son expression incompréhensible et difficilement palpable par ceux qui ne savent plus lire la douleur du cœur et de la tête entre les mots, les silences et surtout les virgules quand ceux qui s’expriment ont besoin d’un temps d’arrêt avant de répondre ou de dire.

On crie trop souvent en silence ses émotions et ses senties et surtout ses croyances. La douleur parfois nous protège.  Le crie, nous conduit souvent à la sauvegarde de nos vies, de nos âmes et de notre culture.

Si certaines M.T.S. étaient douloureuses, elles se transmettraient moins rapidement.

 Les douleurs chroniques qui perdurent sont d'aucune utilité. On sait, on connaît et on a aucune raison de faire perdurer 5 minutes une douleur physique, morale ou affective de nos jours en ce début d’un troisième millénaire. On risque alors sans tête finir comme race comme nos chers dinosaures. Le faire est un indice d’incompétence, de non-compréhension et d’un manque flagrant de compassion, il nous faudrait peut-être encore 2000 ans de souffrance pour enfin…...

La douleur exprime un état d'âme, mais on ne souffre pas dans le but de communiquer un état d'âme, on veut juste être soulagé d’une douleur, d’une souffrance ressentie et surtout exprimer un grand crie de désire de ne plus l’avoir.

J’ai réalisé que la douleur possède un langage différent d'un individu à l'autre. C’est une vrai tour de Babel. C'est ce qui explique la grande difficulté de l’entendre, de la comprendre et surtout d’y répondre.  Elle s’exprime trop souvent dans le silence, la rétention et l’exténuation.

La force et l'intensité d'une douleur seront toujours reliées à son propre vécu et surtout à sa propre solitude. L’antidote réside dans son extériorisation son expulsions et surtout son expression.

 L'anxiété et la dépression que vit une personne sont souvent les causes d'une souffrance intense et prolongée non exprimée ou expulsée.

La douleur, ça s’éduque, ça s’apprivoise et ça se soulage. C’est dans son soulagement que le possible revient.

 Lorsqu'une douleur survient, il faut percevoir les actions des autres et surtout sentir le silence ou l’inaction de ceux sans expressions parce que l'on sent alors à ce moment-là de la compassion, de la complicité et parfois de la conspiration.  On le sait ce n’est pas avec un baume tangible que l’on place sur nos souffrances qui va l’atténuer, on a besoin de contact, de chaleur et surtout d’un sourire complice.

Rappelons-nous qu’une douleur chronique engendre toujours des déchirements pour l'entourage, on devient alors parfois tyrannique, insupportable et surtout en recherche d’un  centre d'attrait, car on n’en a plus aucun pour sois.

Qui peut aimer une douleur? Ou une personne en douleur?

Qui peut aimer un être cher ou un simple inconnu en douleur?

Trop de malades s'installent dans leur souffrance et s’enveloppent dans leurs désespoirs et leurs souffrances.  Ils s’en langent ainsi de mensonges.

Parfois il arrive pour certaines personnes afin d’être sans douleur, qu’elles soient inconscientes ou comme le dise certain innocente.

Il faut profiter de ces présents douloureux, non pour se questionner, mais bien pour vivre une innocence en dépendance afin de faire plaisir et surtout sourire à ceux qui m’aiment et veulent m’offrir ce dont possiblement je n’osais pas avant leur demander. Il faut accumuler ces énergies déversées gratuitement tout simplement parce qu’on m’aime ou qu’on m’apprécie bien.

On devient alors prisonnier de ses propres larmes en édifiant autour de soi des murs et surtout en fermant les auvents afin de ne plus faire entrer des lumières et sentir ce vent de fraîcheur. On aime alors en poésie la noirceur, la solitude, et surtout la douleur. C’est ce que je suis devenu. Les toiles d’araignées commencent à se développer autour de moi.

C’est dans le seul respect de ses douleurs que l’anticipation de la lumière, de la chaleur peut à nouveau ressurgir. Il faut les extérioriser, prendre à témoins des complices afin d’éviter de les vivre à nouveau ou les faire subir à d’autres.

Par contre, il faut laisser aller les âmes qui veulent s’envoler avec des ailes comme des anges en recherche de liberté en bien-être.

Je comprends ces âmes et souvent je rêve de m’envoler avec eux.

J’ai peur de vivre la douleur de la fin, c’est comme si la fin d’une vie en création se doit de finir en souffrance.

Je vais tout faire pour résister, j’aime trop la vie et je suis croyant en la vie en respect de moi comme je l’ai été toute ma vie en respect de que ce qu’elle m’a offert.

Je vais savoir un jour lui dire merci, comme elle me dira merci en ne faisant pas souffrir.

Les signes de douleurs et de souffrances seront toujours des signes et des cris de vouloir vivre.

Bien cordialement,

Conrad Huard